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National Association of Women and the Law



Les femmes et la politique

En 2006, seulement 64 femmes siègent à la Chambre des communes. Elles occupent moins que 21% des 308 sièges. L’absence persistante des voix de femmes dans la politique canadienne est remarquable, surtout dans un contexte où de plus en plus de pays reconnaissent que la participation politique des femmes fait partie intégrante d’une saine démocratie.

Mais le simple fait de faire élire plus de femmes ne représente pas la solution au problème. Même lorsque des députées (et des députés) qui, en principe, défendent le droit à l’égalité sont élues, la ligne de parti restreint beaucoup leur capacité d’agir efficacement.

Il faut plutôt créer des liens entre les députées (et les députés) qui sont prêtes à défendre les intérêts des femmes au-delà de la partisanerie. L’un des forums où ceci est possible est le Comité parlementaire permanent de la condition féminine. La mise sur pied de ce comité en 2004 représente une victoire importante pour la Coalition pour l’égalité des femmes dont l’ANFD est un membre actif.

Jurisfemme



Le gouvernement conservateur tente de réduire les organisations de femmes au silence

En septembre 2006, l'ANFD a été forcée de fermer ses portes durant quelques semaines suite aux délais dans l'approbation de notre demande de financement auprès de Condition féminine Canada. Le 22 septembre, nous avons été très soulagées d'apprendre que l'honorable Beverley Oda, ministre responsable de la Condition féminine, confirmait notre financement, mais pour une période de douze mois seulement.

Toutefois, le 25 septembre, le gouvernement annonçait des coupures de 5 millions de dollars au budget de Condition féminine Canada (CFC). Ces coupures n'affecteront pas directement le Programme de promotion de la femme, qui finance l'ANFD et d'autres organisations de femmes. Mais elles réduiront gravement la capacité de CFC à commander des recherches indépendantes, visant à s'assurer de la prise en compte par les autres ministères de l'impact sur les femmes de leurs politiques et à faire rapport aux Nations Unies quant aux engagements internationaux du Canada envers les femmes.

Le 2 octobre, l'ANFD, l'AFAI et d'autres organisations nationales et provinciales ont tenu une conférence de presse à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Nous avons demandé aux ministres responsables de la Condition féminine de tout le pays de protester contre cette coupure budgétaire. Une déclaration conjointe a été présentée aux ministres, et nous avons bon espoir que plusieurs d'entre elles alerteront le gouvernement fédéral à cet enjeu. À cette occasion, l'ANFD a rédigé un communiqué de presse qui fait état de l’importance de soutenir le travail des organisations de défense des droits des femmes.

Le 2 octobre, les organisations de femmes apprenaient également que le Programme de promotion de la femme avait été officiellement renouvelé le 27 septembre pour une période de cinq ans. Le gouvernement a toutefois radicalement transformé son mandat. CFC ne financera plus de projets de défense de droits et de lobbying.

Le 3 octobre, l'ANFD et d'autres organisations oeuvrant pour l'égalité, rencontraient la ministre Oda pour lui faire part de leur profonde déception face à cette nouvelle politique. Un communiqué de presse a été émis le 4 octobre.

Une campagne pan-canadienne d'un mois qui culminait le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne et 25e anniversaire de la ratification par le Canada de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), prenait un nouvel élan lorsque le gouvernement Harper annonçait la fermeture de 12 des 16 bureaux régionaux de Condition féminine Canada.

Le 1er décembre, l'ANFD faisait parvenir une lettre à Harper pour le prier de poursuivre activement la réalisation progressive des droits humains des femmes. Le 6 décembre, l'ANFD donnait son opinion au Comité permanent sur la Condition féminine concernant les changements au Programme de promotion de la femme. Le 10 décembre, la Coalition pour l'égalité des femmes organisait à Ottawa un ralliement en faveur de l’égalité, des droits humains et de l’accès des femmes au gouvernement et aux cours de justice. Juste avant celui-ci, au Club des journalistes d’Ottawa, l'ANFD et ses partenaires de la coalition rendaient publique la Déclaration du 10 décembre pour l’égalité et les droits humains, appuyée par des centaines de groupes locaux, provinciaux et nationaux, et envoyaient un message clair au gouvernement Harper : renversez les coupures, défendez les droits à l’égalité!




Coalition pour l’égalité des femmes

La Coalition regroupe l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale, l’Institut canadien de recherche sur les femmes, la Fédération des femmes du Québec, Mediawatch, le Comité canadien d’action sur le statut de la femme, l’Association nationale Femmes et Droit, l’Organisation nationale des femmes immigrantes et des femmes appartenant à une minorité visible du Canada, l’Association canadienne des femmes autochtones, Womenspace, et le YWCA-Canada.

La Coalition pour l’égalité des femmes se fait un devoir de travailler avec tous les partis politiques dans le but de créer des mécanismes pour assurer que le gouvernement respecte les garanties d’égalité des femmes édictées dans la Charte canadienne, dans la Loi canadienne sur les droits de la personne, et dans des instruments internationaux tels la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Depuis qu’elle a obtenu la formation du Comité parlementaire permanent de la condition féminine étant mis sur pied, la Coalition revendique :

  • l’adoption d’une Loi sur l’égalité des femmes;
  • une ministre à part entière, chevronnée, de la Condition féminine;
  • un ministère de la Condition féminine adéquatement financé, dirigé par une sous-ministre à part entière chargée de veiller à la mise en œuvre de la Loi;
  • l’obligation pour le vérificateur général d’effectuer régulièrement une évaluation complète du rendement du gouvernement en ce qui concerne l’égalité des femmes;
  • l’augmentation du budget du Programme de promotion de la femme de Condition féminine Canada (CFC) et le retour au financement des activités de base pour les groupes de femmes.




Élections fédérales

Travaillant de près avec la Coalition pour l’égalité des femmes (CEF), l’ANFD encourage les femmes et les groupes de femmes à s’impliquer dans les élections fédérales et à poser des questions concernant les dossiers d’intérêt pour les femmes.

Pendant les campagnes électorales fédérales de 2004 et de 2006, l’ANFD a participé activement avec la CEF à la rédaction d’un livret intitulé Encore sous le choc. Ce livret fournit des informations de base et identifie des questions-clé pour faire ressortir la position des candidates et candidats et des partis politiques dans les dossiers d’intérêt pour les femmes.



Réforme électorale

En 2000, le Comité canadien de la Marche des femmes a publié un document intitulé Pour que ça change!. Ce document dresse une liste de revendications faites auprès du gouvernement fédéral visant à mettre fin à la pauvreté et à la violence faite aux femmes. Toutefois, très peu des mesures revendiquées ont été adoptées.

La réponse décevante aux revendications de la Marche des femmes suggère que les stratégies politiques utilisées par le mouvement des femmes sont probablement moins efficaces aujourd’hui que par le passé.

L’ANFD a décidé d’explorer des modifications au système électoral fédéral susceptibles de ramener les dossiers d’intérêt pour les femmes au devant de la scène politique. Présentement, nous avons un système de circonscriptions dans lequel le candidat ou la candidate ayant récolté le plus de votes remporte le tout. Nous avons constaté que ce système fait en sorte qu’il y a peu de chances que les dossiers d’intérêt pour les femmes se retrouvent au cœur des préoccupations du Parlement canadien. Et ceci est vrai même lorsqu’il y a un appui populaire important pour une plate-forme alternative.

L’ANFD a examiné trois mécanismes de réforme électorale : la création d’un parti politique féministe, la mise sur pied par voie législative de la parité de genre à l’intérieur des partis politiques, et l’évolution vers un système de représentation proportionnelle.

Jurisfemme : Articles sur les femmes et la politique

Hiver 2006
« Bilan encourageant des activités de la Coalition pour l’égalité des femmes », par Charlotte Thibault

Printemps 2005
« Travail de concertation pour les femmes sur la Colline parlementaire », par Bonnie Diamond

Automne 2004
« Comment une minuscule campagne a bousculé une loi de la science », par Pam Kapoor

Été 2003
« Réaffirmer l’indivisibilité des droits de la personne? Table ronde sur les femmes et la politique 2003 », par Jackie Steele

Automne 2002
« Loi sur la gouvernance des Premières Nations : en sommes-nous encore à « l’agent des sauvages »? », par Terri Brown

Automne 2002
« Réinventer la mondialisation et le pouvoir de la pensée positive », par Jackie F. Steele

Hiver 2002
« Les Métisses et l’autonomie gouvernementale autochtone: enchâssement de l’inégalité par le transfert de la discrimination », par Kathleen A. Lahey

Hiver 2002
« Réformer le processus électoral pour faire progresser la cause féministe », par Nancy Peckford

Hiver 2001
« La parité politique et la Charte », par Andrée Côté



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Lettre de l'ANFD à Harper
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L'importance de financer les groupes de femmes


 

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